Basile Bernard

Filmer du surf, première leçon

 Si vous avez déja essayé, vous le savez, filmer du surf, c’est la galère. Entre les gouttes sur l’objectif, les embruns qui font tout rouiller, et le camescope qui se met sur off dès qu’une série pointe le bout de son nez, il faut vraiment aimer ça pour y arriver. Tahiti Surf Report vous propose nos bons conseils pour filmer/prendre des photos sans prise de tête.

Filmer du surf est une discipline à part, tout le monde s’en est un jour ou l’autre rendu compte en voyant comment les caméras de TF1 filment le surf, trop serré, trop cadré sur le surfeur, ou on ne voit pas la vague etc…
L’objectif de cet article est tout d’abord de comprendre les fondamentaux du film de surf afin de pouvoir faire des « films maison » à l’aide de matériel standard.

Principes de base pour filmer.

Dans « film de surf » il y a « surf » mais il y a aussi « film ». Ce qui est vrai pour un film normal l’est aussi pour un film de surf.

  1. Vérifier que vous avez « la bulle » : Vos plans doivent être horizontaux, « la bulle » fait référence au niveau qui équipe les trépieds qui vous indique si la caméra est droite.
  2. Ne zoomez pas ! L’usage du zoom est à réserver à des effets bien précis, et si vous envisagez de monter votre film, évitez de zoomer pendant l’action.
  3. Utilisez plusieurs valeurs de plan : Plan large, plan serré, contre-champ, insert etc… Pensez à varier les plaisirs, plutot que de vous concentrer uniquement sur le surf, le montage sera d’autant plus amusant.
  4. Restez sobre : Ok, votre caméra est toute neuve et vous propose des tas d’options, mais toutes ces options peuvent être reproduites au montage. Souvenez vous qu’un plan en couleur peut toujours être passé en noir et blanc, mais rarement l’inverse.

Apprenez à vous servir de votre caméra Ca peut paraitre idiot, mais les réglages de base de votre caméra donneront sans doute de moins bons résultats que si vous réglez tout en fonction des conditions.

  1. Premièrement, la balance des blancs est très importante. Si vous disposez de cette option, utilisez la ! Cinq minutes en début de tournage vous sauverons toute la séquence.

    Pour régler les blancs, prenez une surface bien blanche, exposez la à la lumière que vous utiliserez pendant le film, et suivez les instructions du manuel. La plupart du temps, une pression de 5 secondes sur le bouton de réglage enregistrera la valeur du blanc.

  2. Secondo, l’exposition : Filmer la mer, c’est un peu comme le désert ou la neige, c’est particulier, car il y a une luminosité exceptionnelle. Si vous avez des réglages d’expositions du genre -2, -1, 0 , +1, +2, utilisez les pour que les zones claires ne soient pas étalonnées sur la mousse des vagues, car cela assombrirait le reste de l’image. Si vous avez un filtre polarisant, utilisez le, c’est encore mieux. Si vous avez un préréglage comme Plage/Neige, c’est l’idéal.
  3. Ensuite, le réglage ouverture/vitesse vous permettra d’avoir une ouverture rapide, puisque vous filmez un sport et que les images arretées doivent être très nettes. 
  4. Le compensateur de mouvement doit être retiré si vous filmez sur pied, et ne doit être utilisé que s’il est de bonne qualité (stabilisateur optique, si possible, plutôt que numérique.)

    Suivant les marques et les modèles, le compensateur de mouvement peut s’appeller Super Steady Shot, ou Stabilisateur de mouvement, ou encore Stabilistateur optique. Dans tous les cas, n’utilisez pas de stabilisateur s’il est numérique, mais seulement s’il est optique. Les icones suivantes vous permettront de repérer cette fonctionnalité sur votre appareil photo / camescope.

  5. Le zoom optique seul doit être utilisé, évitez d’utiliser le zoom numérique, car il dégrade considérablement la qualité de l’image. Les seuls cas où l’image obtenue peut être de bonne qualité sont ceux ou le capteur de la caméra est un capteur de grande taille, ou tri-CDD voire les deux.

    En consultant la documentation de votre appareil, vous saurez si le zoom est optique ou numérique (voire les deux). Si votre appareil dispose des deux possibilités, la barre de zoom change généralement de couleur lorsque l’on atteint les limites du zoom optique et que l’on passe au zoom numérique. Sur certains modèles, il faut relacher la touche de zoom pour la renfoncer pour passer au zoom numérique.

  6. La règle des 5 minutes : La plupart des caméras sont pensées pour s’éteindre automatiquement au bout de 5 minutes d’inactivité. Profitez du temps entre les séries pour faire vos plans de coupe, plutôt que de risquer d’avoir la caméra éteinte au début d’une super vague d’un de vos potes, qui vous en voudra beaucoup de l’avoir loupé dans son reverse air.
  7. Enfin, le plus important, l’autofocus : Le plus rageant dans la vie d’un caméraman est d’avoir un plan nickel, bien exposé, cadré, super action, mais… flou ! Il vaut mieux régler le focus sur l’infinie et en finir avec les histoires de « ho, zut, la caméra a fait le point sur le cailloux juste devant… »

Différentes situations

  1. Cadrer du bord : Desserrez au max votre trépied, nettoyez le bien avant usage, pour éviter d’avoir des sautes dans le mouvement qui se verront d’autant plus que vous zoomez. Ajouter de la graisse sur les articulations peut être une bonne solution pour palier à la qualité des pieds entrée de gamme.
  2. Cadrer sans pied : L’idéal est d’avoir une base sur laquelle s’appuyer. Une bonne position, assis, les coudes sur les genoux, en tenant la caméra à deux mains est assez confortable pour filmer longtemps et de manière stable. Si vous avez un doute, élargissez le plan, plutot que de filmer trop serré et de rater l’action.
    Une autre bonne position est de s’assoir en tailleur, la camera posée sur les genoux, en cadrant grâce à l’écran plutôt que le viseur. Le défaut de cette position est que l’on ne regarde pas directement l’action, et qu’il est difficile de changer rapidement de cible sans « chercher ».
  3. Cadrer sur un bateau : La encore, il vaut mieux cadrer un peu large plutot que d’avoir un plan qui remue. Une bonne méthode est de tenir la caméra par au dessus, en cadrant au moniteur, afin d’utiliser l’effet de balancier de son bras pour compenser les mouvements de l’embarcation.

Filmer dans l’eau

Si vous avez la chance de posséder un caisson pour votre caméra, voici quelques astuces pour éviter les problèmes :

  1. Utilisez du RainX (sur la vitre de votre caisson pour que les gouttes glissent et n’obstruent pas l’objectif.
  2. Mettez vous en manual focus à tout prix, réglé sur l’infini, sans quoi beaucoup de plan seront fous au début, le temps que les gouttes partent de la vitre.
  3. Si vous pouvez, munissez vous d’un grand angle, pour attenuer les mouvements saccadés du cadrage aquatique.
  4. Pensez toujours à mettre un sachet de silicagel dans le caisson, au cas où.
  5. Pour éviter la buée, ne laissez pas le caisson ni la caméra au chaud, juste avant de fermer le caisson.
  6. Filmez avec un casque !
  7. Faites des tests dans des petites vagues, voire à quelques mètres de profondeurs. Rappelez vous que la pression dynamique est plus destructrice que la pression statique, et que l’impact d’une vague de deux mètres en surface correspond très facilement à une imersion à dix mètres. Si votre caisson n’est pas très résistant, n’hésitez pas à le « cacher » sous vous lorsque vous faites un canard, pour éviter que la lèvre ne tape directement dessus.
  8. Rincez à l’eau douce, en imergeant le caisson. N’arrosez pas directement le caisson, arrosez plutot votre main en la maintenant juste au dessus du caisson. Prenez soin de vos joints et respectez les conseils du fabricant.

Quand on filme pas

Et ouais, il y a aussi des conseils utiles lorsqu’on ne filme pas.

  1. Déjà, un bon reflexe sous nos lattitudes est de stocker le matos dans des boites fermées les plus hermétiques possibles. Si vous avez du silicagel, mettez en quelques sachets dans la boite de votre appareil.
  2. Ne laissez pas les cassettes dans la caméra. Les bandes magnétiques risquent de faire des dépots sur les têtes et de les user prématuréments. De plus, la bande elle même peut être endommagées si elle est resté dans l’appareil.
  3. Retirez la batterie. Laisser la batterie en place la fait se décharger, même très faiblement, et rend un batterie chargée inutilisable après une longue période de stockage, alors que si vous stockez la batterie à part, elle reste chargée. Sur certaine batterie, il y a une sorte de petit intérupteur « qui ne sert a rien » qui laisse apparaitre un petit point rouge. Ce point permet de savoir, si vous avez plusieurs batteries, lesquelles sont chargées et lesquelles ne le sont pas.

Voila, tous ces conseils ne vous aideront pas forcement à prendre la photo du siecle, ou de filmer le plus long tube de l’histoire, mais ce sont des bons reflexes à avoir pour éviter de louper de belles images et de s’en vouloir pendant des années.
Bonnes vidéos et bonne photos à tous !

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